L’open data au cœur du Barcamp Bénin 2013

Ce samedi 02 novembre 2013, dans les locaux de l’Esgis à Cotonou, a eu lieu la troisième édition du Barcamp Bénin. Une intense journée au cours de laquelle plusieurs présentations ont été faites sur différents thèmes relatifs au domaine des technologies. La présentation sur l’open data, faite en  matinée, a très vite donné le ton de la journée car elle marqua de son empreinte de nombreuses discussions.

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Franck Kouyami durant sa présentation sur les enjeux de développement de l’open data. Photo: Maurice THANTAN

 

Comme à chaque année depuis 2011, le Barcamp Bénin réunit pendant une journée, les différents acteurs des divers domaines des technologies. Il les convie à une séance de partage et d’échanges de connaissance sur plusieurs thèmes. Défini comme un « réseau international de ‘’non-conférences’’ ouvertes» fonctionnant sous forme « d’ateliers-événements participatifs où le contenu est fourni par les participants… », l’édition 2013 du Barcamp Bénin n’a pas dérogé à la règle. En effet, plusieurs présentations ont été faites portant sur les différents domaines qui passionnent les participants. Ainsi, du programme de traitement de texte LaTex au  protocole IP en passant par les moyens de préservation de sa vie privée sur les réseaux sociaux et l’open data, les sujets abordés ont été divers et variés. Ce dernier aspect, c’est-à-dire l’open data, a particulièrement marqué la journée du fait des nombreuses réactions que sa présentation a suscitée et de l’intérêt que les participants lui ont porté. Il convient donc ici de revenir sur les éléments qui ont amené l’open data à être la « star » de ce Barcamp.

 

Qu’est-ce que l’open data… ?

La présentation sur les enjeux de l’open data a été réalisée par Franck KOUYAMI. Ce dernier définit l’open data (données ouvertes en anglais) comme l’ « ensemble des données qui sont ou devraient être mises à disposition du public ». Mais il a d’abord commencé son entretien par un petit laïus sur l’intérêt pour nous aujourd’hui de fonctionner sur des systèmes open source (s’agissant des OS de nos ordinateurs notamment). C’est à ce moment que le ton a été donné et que les passions ont été déchainées. De réactions en interventions en passant par divers témoignages, sa présentation a très vite coulé en douce vers l’intérêt des systèmes open source sans pour autant perdre son cap. On comprend alors que  l’open data fonctionne quasiment suivant le même concept que les systèmes open source qui sont à l’opposé des systèmes propriétaires. Pour Franck KOUYAMI, le principe de l’open data réside dans le fait que chaque individu a droit à l’information. Il ne comprend donc pas pourquoi l’accès à une donnée dite publique puisse souffrir d’une autre forme de procédure.

En termes d’enjeux, l’open data présente plusieurs opportunités pour les différents acteurs. Pour les administrations par exemple, il s’agit d’avoir accès à une information efficace, de valoriser leur travail en y donnant libre accès ce qui leur permet de d’améliorer ce dernier à partir des apports d’autres contributeurs. Par ailleurs, l’open data permet aux individus d’avoir un accès direct à l’information qu’ils désirent. Il réduit ainsi toutes les questions de procédure et permet un gain substantiel en termes de dépenses. La transparence est l’autre intérêt de l’open data pour les individus. En effet, il offre la possibilité à ces derniers d’avoir libre accès à des données publiques, de les analyser et d’en tirer les conclusions conséquentes.

Comme un appel à la liberté…

L’open data a d’abord marqué les esprits du fait des nombreuses opportunités qu’il présente quand il s’agit d’avoir accès à une information. Ses avantages sont nombreux notamment en ce qui concerne la réduction des longues procédures et les dépenses financières. L’open data peut de ce point de vue représenter un enjeu fondamental pour le continent africain et le Bénin en particulier. En effet, la possibilité d’avoir libre accès à une donnée, tant qu’elle n’est pas couverte du secret-défense, dans un pays marqué par les longues procédures et la lenteur administrative peut être une sérieuse opportunité en termes d’investissement. L’open data peut aussi stimuler la créativité. Ainsi avons-nous appris en exclusivité que plusieurs applications sont déjà en cours de réalisation à partir des données recueillies dans le cadre de l’initiative opendataday Bénin.

Si l’open data a marqué particulièrement cette édition du barcamp, c’est aussi parce qu’il est très facile de transiter de ce sujet vers l’open source qui visiblement  tient beaucoup à cœur à une large majorité de participants. Certains témoignages allant jusqu’à lâcher tout simplement que « la vie est plus belle sur les systèmes open source » clouant ainsi le bec à quelques rares de leurs détracteurs qui n’hésitent pas à les traiter de « secte ». Finalement, au fur et à mesure que les discussions avançaient au cours de la journée, l’indignation des participants vis-à-vis de tout ce qui n’était pas « open » n’a cessé d’augmenter.

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Photo de clôture du Barcamp Bénin 2013. Crédit: Maurice THANTAN

 

C’est donc clairement en tant que défenseurs du « libre accès » que se sont inscrits la quasi-totalité des présentateurs et participants du barcamp. Et on comprend à la fin Franck KOUYAMI quand il dit « ne pas vendre les données qui sont d’accès public est la règle d’or de l’open data ».

Et c’est pour s’inscrire totalement dans cette dynamique que toutes les infos et données issues de cette journée étaient ouvertes. En effet une passerelle a été créée sur laquelle les participants pouvaient récupérer librement toutes les présentations, photos et vidéos de la journée.