2014 : mes vœux pour la nouvelle année

Bienvenue, nous voici en 2014. En ce début d’année, je voudrais, comme plusieurs personnes, consacrer mon premier billet de l’année nouvelle à la formulation de mes vœux. Plutôt personnels, manquant parfois d’objectivité et teintés d’un peu d’autodérision, ils ne manquent pourtant pas de sérieux. Ils sont adressés d’abord à mon pays le Bénin, mais aussi à l’Afrique et à quelques autres aussi.

2014 carte de voeux

Disons le tout de suite, l’année dernière n’a pas été fameuse pour nos autres béninois. Des tentatives d’assassinat aux tentatives de d’empoisonnement en série en passant par les affaires de toutes sortes et de toutes les couleurs on n’est pas passé très loin du chaos. A vrai dire, on était plus proche d’une paranoïa à la nord-coréenne que du calme légendaire que nous aimons tant associer à notre pays. Ajouter cela à nos maux habituels, besoins éternels et aux promesses non tenues sans cesse renouvelées, et vous obtenez un panache bien concocté de peur, d’instabilité, de crise et de frustration. A la fin, les Béninois étaient devenus les plus malheureux de la planète même si le président de la république ne l’entend pas de cette oreille. En gros 2013, c’était mort pour nous! Face à ce tableau peu reluisant de l’année qui vient de se terminer, mes vœux pour la toute nouvelle sont forcément coriaces.

Pour le Bénin

Pour commencer, je souhaite un meilleur président pour le Bénin. Pas qu’on changeât l’actuel chef de l’État (pour cela, on attendra démocratiquement 2016) mais qu’il devienne meilleur. Enfin, qu’il emploie davantage ses moyens pour s’occuper de nos problèmes et fasse un effort pour être au courant des affaires qui se déroulent dans son administration. Parce que si en 2014, il doit continuer à passer son temps à se défendre dans les tribunaux à quel moment va-t-il enfin s’intéresser sérieusement à des choses sérieuses comme la cherté de la vie, la crise économique et les 70% de jeunes qui sont au chômage. Et s’il n’est même pas foutu de savoir que ses collaborateurs sont en train de détourner des dizaines de milliards sous ses yeux, comment saura-t-il que moi je suis obligé de payer le triple des frais exigés pour me faire établir une carte d’identité.

Je souhaite un pays plus juste et plus équitable où les syndicalistes peuvent manifester en toute quiétude. Si les gens peuvent organiser des marches de soutien au président de la république parce qu’il vient de nommer untel ministre ou un autre chef service, qu’on permette également à d’autres de manifester leur colère. C’est cela la démocratie. Après tout le pays appartient à tous les Béninois qu’on soit de la mouvance présidentielle, opposant ou syndicaliste.

Je souhaite un pays plus sûr à tous les Béninois, quelle que soit leur activité professionnelle. Enfin, si tous les juges et les hommes d’affaires doivent fuir ce pays, où serait la paix sociale ? Le Bénin a besoin de tous ses enfants qu’ils qui soient ; ce n’est pas en le fuyant que nous allons le construire.

Plus de travail pour les jeunes…, en tout cas pour ceux qui y croient encore. Pour ceux qui ont compris que la fonction publique n’est plus à la mode (de toute façon, les résultats sont souvent connus avant le lancement des concours de recrutement) je souhaite plus de courage, de créativité et de persévérance. Une chose est sure, Paris ne s’est pas fait en une nuit, et tout le monde dit que l’Afrique est le continent de demain, donc restons mobilisés, le prochain Bill Gates est parmi nous.

Je souhaite moins de délestage et une meilleure connexion internet afin que je puisse travailler tard dans la nuit et mettre en ligne mes articles quand je voudrai. Ah ça, vraiment hein…!

Je souhaite moins de réussite au baccalauréat. Nos campus universitaires n’en peuvent plus d’accueillir autant de bacheliers chaque année. Et puis, si votre  diplôme  n’est pas plus qu’un billet aller-simple au chômage, pourquoi aller perdre son temps d’ailleurs ?

Pour l’Afrique…

Je souhaite moins d’intervention de la France en Afrique. Enfin, il est temps que les Africains comprennent que François Hollande n’est point le président des Africains mais celui des Français et que ces derniers méritent bien aussi une intervention en ce moment.

Je souhaite moins de sommets de chefs d’État Africains en 2014. S’ils ne doivent servir qu’à entretenir et renforcer leur fraternité, décider de ne pas envoyer leurs copains à la CPI et sauter le champagne le soir, je n’en vois pas du tout l’intérêt.

Et pour finir, je souhaite moins de transition en Afrique. Voilà un mot qui traduit un régime que l’on affectionne tant en Afrique. Et pour cause, avec lui deux mandats présidentiels peuvent passer sans qu’on s’en rende compte. Avec la transition, on peut noyer une révolution faite au prix de la vie de centaines voire de milliers d’innocents. Assez de transition donc… !

On va s’en arrêter là. Vivement décembre… pour faire le bilan.

Bonne année à tous !