Indépendance du Bénin : fêter ou ne pas fêter ?

Drapeaux du Bénin hissés sur une place publique à Cotonou. Photo : L'Evenement Précis

Drapeaux du Bénin hissés sur une place publique à Cotonou. Photo : L’Evenement Précis

“Combien de béninois s’intéressent à la fête du 1er Août ? Quel intérêt avons-nous à la célébrer chaque année?”

Ce sont là deux interrogations postées sur Facebook par un compatriote qui m’ont interpellé ce dimanche 30 juillet 2017, deux jours avant la célébration du 57ème anniversaire de l’indépendance du Bénin.

Loin d’être une question isolée, après quelques années d’observation, je me rends compte que cette interrogation revient chaque année comme une rengaine, une ritournelle. La question mérite d’être creusée au delà des petits bouts de phrases postés rapidement ici et là.


L’indépendance : tout une histoire qui détermine notre avenir

Avant tout, il s’agit de notre histoire. On a tendance, à mon avis, à trop vite jeter l’opprobre sur cette fête et battre en retraite sa signification parce que nous mêmes avons refusé d’effectuer le processus d’émancipation mentale (confère Bob Marley) nécessaire qu’il faut pour considérer cette célébration dans tout ce qu’elle symbolise.

Un président de la République a dit, dans un passé très récent, ceci :

“Aucune Nation ne peut se construire durablement sans rester enracinée dans l’histoire.
Une histoire que la conscience collective a le devoir de renouveler constamment en y puisant à chaque occasion majeure de la vie nationale, les enseignements utiles et nécessaires pour l’avenir.”

De toute l’humanité, les processus d’indépendance ont été décisifs dans la marche des peuples vers la « Civilisation ».
A partir de ce moment, l’adoption d’une attitude “réac”, qui amène certains parmi nous, dans un en processus de suivisme irréfléchi (parce que la plupart des gens qui disent que c’est inutile de célébrer l’indépendance n’ont pas d’arguments, et je suis convaincu qu’en face d’une personne avertie, ils changeraient d’avis) est complètement absurde.

Peu de béninois savent par exemple les circonstances particulières dans lesquelles notre pays a accédé à l’indépendance. Peu de béninois savent que, contrairement à d’autres pays africains, la proclamation de l’indépendance du Dahomey Bénin aujourd’hui n’a pas été prononcée dans la liesse populaire. Ceci pour des raisons historiques et socio-politiques. Or, cette donnée influe inlassablement sur notre gouvernance.

Voilà une Fête nationale qui ne célèbre pas de façon concrète les héros de notre indépendance. Voilà quelque chose qui pourrait être amélioré, qui mérite réflexions et actions. Or, si l’on admet que notre société est en perte de repères ou de modèles (ce qui est relatif soit dit en passant), il pourrait avoir un salut à trouver dans les valeurs qui ont poussé ces hommes et ces femmes (si si, il y en a eu) à mener la lutte pour l’indépendance qui, semble-t-il, était basée essentiellement sur l’intérêt du Bénin.

L’indépendance : un processus continu

L’indépendance en elle-même est, selon moi, un processus continu. Ce processus est guidé par des valeurs. Lorsque vous échouez à maintenir ces valeurs constantes dans les esprits, il paraît évident que vous entrez dans un cycle de “déconstruction” de cette indépendance. Prenez l’exemple de la Grèce, ce pays a beau être indépendant, (ils ont même inventé la démocratie), à un moment de l’histoire, toute la politique du pays est dictée par l’Europe pour ne pas dire l’Allemagne.

Construire l’indépendance par des actes

Par ailleurs, nous aimons bien parler. Mais que fait-on nous mêmes pour rompre la chaîne ?
La plupart des gens qui disent qu’il serait mieux de prendre l’argent dédié à la célébration pour faire des sessions de réflexions ne font rien à leur niveau. Généralement. Il est souvent très difficile de passer des paroles aux actes.

En dehors des célébrations officielles, ce sont les commerçants qui profitent de l’occasion pour écouler leurs produits en fin de cycle aux moyens de promotions coûteuses, qui tirent encore le meilleur profit de cette célébration. Dans les rangs de ces derniers, ce sont souvent les tenanciers de débits de boissons qui font les meilleurs affaires. Ceux là ont encore l’intelligence de nous inviter à la fête pour célébrer l’Indépendance. Et les gens seront dans ces buvettes en train de mettre sur Facebook que c’est du gaspillage que de célébrer la Fête nationale.

Si nous passons notre temps à ne rien faire à petite échelle dans la mesure de nos possibilités, que serions-nous en mesure de faire quand on sera « grands » autre que de répéter que ce qui se fait avant nous et que nous dénonçons ? Question !

En définitive, fêter ou ne pas fêter l’Indépendance, n’est que fioriture. La question ne se trouve pas à ce niveau.

Moi ce premier août, j’irai travailler. Ensuite j’aurai une importante réunion avec le conseil d’administration de l’Association des blogueurs du Bénin que je dirige. Cette rencontre va déterminer notre vie pour les deux prochaines années, parce que nous venons d’avoir un mandat de deux ans.

PS : Bref je ne réfléchis plus beaucoup ces derniers temps. A l’origine ceci était un commentaire que j’ai commencé à écrire sur la publication mentionnée plus haut.