Catégorie : Culture

Dans le code l'information et de la communication votée par l'Assemblée, les journalistes peuvent toujours être emprisonnés pour des délits de presse.

Bénin : les journalistes risquent toujours la prison

Dans le code l'information et de la communication votée par l'Assemblée, les journalistes peuvent toujours être emprisonnés pour des délits de presse.

Dans le code l’information et de la communication votée par l’Assemblée, les journalistes peuvent toujours être emprisonnés pour des délits de presse.

Le  jeudi 22 janvier 2015 était un grand jour pour les journalistes béninois. Après trois jours d’examen, les députés ont voté la loi portant code de l’information et de la communication en République du Bénin. Pour les hommes de la presse et des médias, cela signifie la fin d’un vide juridique et une meilleure organisation du secteur. En effet, le code qui vient d’être adopté apporte de nombreuses innovations dans le domaine. Par exemple, il y est clairement défini les critères pour être un journaliste au Bénin.

Article 20 du code :

« Est journaliste : tout titulaire d’un diplôme professionnel de journalisme délivré par une école ou un institut de formation en journalisme régulièrement agréé par l’Etat et justifiant d’une formation par la pratique pendant au moins deux ans ; tout titulaire d’au moins d’un diplôme de l’enseignement supérieur ou d’un diplôme équivalent et justifiant d’une formation par la pratique pendant au moins deux ans ; toute personne qui exerce l’activité de journalisme dans une entreprise de presse, soit pour le compte d’autrui, soit pour son propre compte ou toute personne qui a pour occupation principale la recherche, la collecte, la sélection, l’exploitation, la présentation d’information et en tire sa principale source de revenus ; toute personne qui exerce en qualité de correspondant de presse ou d’envoyé spécial d’un organe radiophonique ou audiovisuel étranger. La qualité de journaliste est attestée et constatée par la détention d’une carte de journaliste. Toutefois, les correspondants de presse ou les envoyés spéciaux se doivent en plus de leur carte de journaliste, de recevoir l’accréditation de la HAAC* ».

Outre cette précision importante, le texte prévoit également la création d’un « Fonds d’aide au développement des médias », organe chargé de gérer l’aide de l’Etat à la presse et aux médias communautaires. On annonce également un bureau de vérification de la publicité dont la mission est de faire appliquer les dispositions légales dans ce domaine, mais aussi en ce qui concerne le parrainage des émissions.

Lire aussi : Boni Yayi invité à être « Charlie » pour les journalistes béninois

Les  journalistes restent sous la menace de peines privatives de liberté

Malgré toutes ces innovations, ce n’est pas pour autant la fin du calvaire pour les journalistes béninois. Certes les députés ont fait des avancées en supprimant quelques peines privatives de liberté, mais certaines sont toujours maintenues. Et c’est là où le bât blesse. Dans le code voté, ces peines sont supprimées et remplacées par des peines
d’amende seulement en ce qui concerne les délits d’opinion et les délits contre les personnes. Mais elles sont maintenues pour la provocation aux crimes et les délits contre la chose publique. Pourquoi  n’avoir fait le travail qu’à moitié, alors que les journalistes ont toujours milité pour réclamer la suppression totale de ces peines d’emprisonnement ? Les journalistes demeurent toujours donc sous la menace de la prison, même si celle-ci est un peu plus allégée désormais.

Rappelons que le 26 juin 2014, Reporters sans frontières avait publié un communiqué dans lequel l’organisation de défense des journalistes disait s’inquiéter de « la dégradation de la liberté d’information au Bénin ». Le communiqué faisait suite à la condamnation à trois ans de prison avec sursis de John Akintola, directeur de publication du journal « L’Indépendant ». Le journaliste était alors accusé d’avoir offensé le chef de l’Etat. L’article controversé faisait état du possible financement illicite des déplacements à l’étranger du président Boni Yayi grâce aux fonds de la société béninoise d’électricité (SBEE). 

 

*HAAC= [Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication], l’équivalent du CSA en France



Un journaliste de la télévision nationale interpelle le Président Boni Yayi pour réclamer plus de liberté d'expression dans les médias de service public

Boni Yayi invité à être « Charlie » pour les journalistes béninois

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François Hollande serre la main du président du Bénin Boni Yayi, venu pour la marche républicaine, le 11 janvier 2015.

Le dimanche 11 janvier 2015, le président du Bénin Boni Yayi était l’un des six chefs d’Etat africains à marcher à Paris au milieu d’une soixantaine de dirigeants venus du monde entier lors de la marche républicaine contre le terrorisme. C’était quelques jours après l’attentat à la rédaction du journal satirique français Charlie Hebdo. Vue du continent, la participation des chefs d’Etat africains (tous francophones) a suscité la polémique (à l’exception notable de celle de IBK, le président malien). Mais il semble que celle-ci ait ouvert un boulevard aux journalistes pour réclamer plus de liberté d’expression sur le continent. C’est de toute évidence le sens que l’on peut donner à la nouvelle qui fait actuellement le buzz au Bénin.

C’est tombé comme un coup de théâtre. Jamais personne n’aurait imaginé un journaliste de la première chaîne de télévision publique se rebeller de cette façon et en direct. Pourtant, hier, lundi 12 janvier 2015, alors qu’il présentait le journal télévisé de 23 h 30, Ozias Sounouvou, le journaliste de l’ORTB (Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin) n’est pas allé pas quatre chemins pour exprimer son désarroi face à sa situation et celle de ses collègues. Alors que le reportage sur la participation de Boni Yayi à la marche républicaine venait d’être diffusé, avec adresse, il a interpellé le président de la République lui demandant également d’être « Charlie » pour les journalistes de l’Office.

Voici l’intégralité des propos d’Ozias Sounouvou :

 « Être heureux et fier du sens de l’engagement de Boni Yayi devenu Charlie pour la liberté de presse en France et à l’international. Comme on aurait aimé pour aller au bout de cet engagement,que le chef de l’Etat devienne Charlie-Ortb. Charlie-Ortb pour la liberté de presse sur le service public de l’audiovisuel au Bénin ; liberté de presse qui rime avec ouverture des antennes de la télévision nationale aux vrais débats, sur les grandes questions politiques et autres qui engagent le présent et l’avenir de la Nation. Monsieur le président de la République, sauvez la liberté des journalistes à l’ORTB précieux héritage de la conférence nationale entre autres et entrez dans l’histoire. Pardon pour cette impertinence, n’est-ce pas là aussi l’esprit Charlie. Clause de conscience et devoir républicain obligent. Monsieur le Président de la République, vous êtes notre recours, rendu obligé ce soir après trois pétitions infructueuses des journalistes de l’ORTB, pour le retour de la liberté de presse sur le service public. Nous voulons juste faire notre métier et prendre notre part à la construction de la République. Vive le service public de l’information sur la chaîne publique ! Vive la république !  » 

 

Depuis, c’est le branle-bas dans l’actualité nationale. Dans la presse et surtout sur les réseaux sociaux, le sujet est l’objet de toutes les conversations. Certains Béninois craignant que le journaliste soit sanctionné pour son impertinence ont d’ailleurs commencé à lancer plusieurs mouvements de soutien à son action sur Facebook. Ils ont repris à leur compte le slogan inventé par Jochim Rocin en l’adaptant au contexte local. Ainsi, les slogans #JeSuisOzias et #CharlieOrtb sont devenus des mots-clés très populaires ces dernières heures sur Facebook et Twitter. En moins de 24 heures, la page « 10 000 j’aime pour Ozias Sounouvou » a déjà rassemblé plus de 2 500 adhérents. Celle baptisé « Je suis Ozias Sounouvou » est aussi « aimée »Organisations de la société civile, hommes politiques, juristes, confrères journalistes et autres personnalités ne cessent d’apporter leur soutien au journaliste.

Sur les réseaux sociaux, l’on salue son courage et sa bravoure. Pour le moment, aucune réaction n’a encore filtré ni de la direction de l’ORTB ni du gouvernement béninois visiblement embarrassés. Wait and see.



Photo de famille de la cérémonie de remise de prix

Concours « Plumes dorées » : cinq jeunes auteurs béninois révélés

Depuis le samedi 15 novembre 2014, le paysage littéraire béninois a accueilli cinq nouveaux auteurs. Ils ont été sélectionnés par le concours « Plus dorées » organisé par Les Editions Plurielles. L’objectif principal est de révéler des écrivains en herbe en publiant  leurs oeuvres. Chaque année, le concours met à l’honneur un genre littéraire particulier. Après le roman en 2013, c’est le théâtre qui a été choisi cette année.

Cinq lauréats, un grand gagnant

Après le lancement du concours, la réception des tapuscrits les membres du jury retiennent les 10 meilleurs candidats qui bénéficent d’une résidence d’écriture. Lors de cette séance ils travaillent  à nouveau sur leurs textes, les réécrivent si possible sous le mentorat des coaches et des membres des jurés. Cette année,  c’est Fernand Nouwligbéto, dramartuge et enseignant à la faculté de lettres de l’Université d’Abomey-Calavil qui a présidé le jury.

Au terme de cet atelier d’écriture, les membres du jury sélectionnent enfin les cinq finalistes de la compétition. A ce stade de la compétition, les finalistes bénéficient encore d’une résidence de réécriture de leurs textes pour en produire une version finale qui sera éditée dans un ouvrage collectif.

Mais comme à chaque année, les Editions plurielles désignent l’auteur du meilleur texte de tous les cinq finalistes comme étant le grand gagnant de la compétition. Cette année, c’est Serge Dahoui qui a remporté le trophée. Il est récompensé pour sa pièce « Ces petites traces de vie. » Titulaire d’une licence en communication, Serge Dahoui totalise déjà près d’une décennie sur les planches en tant que comédien. Le théâtre est un genre qu’il maîtrise bien. C’est sa pièce qui donne son nom à l’ouvrage collectif édité pour l’occasion et qui rassemble les œuvres des cinq finalistes.

Lauréats et œuvres

Serges Dahoui (Lauréat)

Titre de la pièce : Ces petites tâches de vie

Anirelle Ahouantchessou

Titre de la pièce : La succession

Pacôme Alomakpé

Titre de la pièce : Déki (l’enlèvement)

Cosme Orou-Lagouma

Titre de la pièce : Otages

Paterne Tchaou

Titre de la pièce : Les bruits de l’ombre

« Plume dorées » : sept ans de révélations

Le concours national d’écriture « Plumes dorées » a été créé en 2008 par les Editions Plurielles et l’association Actions plurielles. Son objectif était alors de détecter, former et promouvoir les jeunes porteurs de projets d’écriture du Bénin, âgés de 18 à 35 ans.

En sept ans d’existence, le concours Plumes dorées a révélé de jeunes et talentieux écrivains béninois qui sont désormais reconnus sur tout le plan national et à l’international. Jean-Paul Tooh-Tooh (2009), Hurcyle Gnonhoué (2011), Seth Athémy sont désormais des valeurs sûres de la littérature béninoise avec de nombreuses publications personnelles à leur actif chacun. L’une des meilleures révélations du concours « Plumes dorées » est sans doute Claude Biaou. Consacré par « Plumes dorées » en 2009, il n’arrête pas d’enchaîner les récompenses nationales et internationales depuis lors. Lauréat du Prix Stéphane Hessel de la jeune écriture francophone (2013) et double lauréat du Prix du jeune écrivain francophone, il anime aujourd’hui une chronique littéraire sur une radio locale.

« Plumes dorées » : défis à  relever

Au bout de sept éditions réussies, le concours « Plumes dorées » est désormais à la croisée des chemins. Pour le promoteur, Koffi Attédé, le défi de sortir les manuscrits des couloirs est déjà atteint. Il revient maintenant à lui et à son équipe de donner une nouvelle dimension à l’événement. Celle-ci doit prendre en compte, la mise en place d’un modèle économique qui permette aux auteurs de vivre de leur travail. Selon Koffi Attédé, le prochain challenge du concours « Plumes dorées » est de plusieurs ordres. De la création d’un salon local du livre à la mise en place d’une politique publique du livre en passant par des investissements dans le livre, les nouveaux défis à relever sont nombreux.

En attendant, le rendez-vous est déjà pris pour 2015 dans le cadre d’un nouveau concours. Cette fois-ci c’est la nouvelle qui sera mise à l’honneur. A vos claviers donc… !

Découvrez ici quelques photos de l’événement

NB : Toutes les photos sont réalisées par Hurcyle Gnonhoué 



Miss Bénin 2014

Miss Bénin 2014 vu des réseaux sociaux

Le samedi dernier, 23 août 2014, a été élue la fille la plus jolie du Bénin pour le compte de cette année. Au terme d’une soirée longue et  riche en suspenses et intrigues, la nouvelle ambassadrice de la beauté béninoise a finalement été désignée en la personne de Mlle. Belleciane Hounvènou.  Celle qui était jusque là Miss Ouémé, sera donc le porte drapeau de la beauté béninoise pour les 12 mois à venir que durera son mandat.

Comme de tous grands événements désormais, la cérémonie a été scrutée et commentée du début jusqu’à la fin sur les réseaux sociaux. Les twittos béninois se sont particulièrement donnés à cœur joie au sacrifice de leur sommeil, bien sûr. Voici ce qu’on peut en retenir en quelques tweets.

Avertissement : le langage est parfois tout cru (ou pas du tout).