La première édition des soirées s'est penshé sur le métier de community manager, son rôle et son utilité pour une marque. Photo : Ganiath Bello

#RECBénin : la première rencontre entre créatifs et entreprises au Bénin

La première édition des soirées s'est penshé sur le métier de community manager, son rôle et son utilité pour une marque. Photo : Ganiath Bello

La première édition des soirées s’est penshé sur le métier de community manager, son rôle et son utilité pour une marque. Photo : Ganiath Bello

Comme je vous l’avais annoncé dans mon précédent article, la première des soirées #RECBénin (Rencontre Entreprises et Créatifs) a eu lieu ce vendredi 24 avril 2015. Pour une première, les organisateurs de l’événement ont mis les moyens pour qu’elle soit une réussite. Pour ceux qui n’ont pas pu y assister, je vous propose ici le récapitulatif des trois heures qu’a duré l’événement à travers le meilleur (et le pire ?) de ce qui en a été dit sur les réseaux sociaux.

 

 



Bénin : la carte d’électeur de toutes les moqueries

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Le dimanche 26 avril 2015, c’est jour de vote au Bénin. Quelque 4,4 millions de Béninois sont appelés à renouveler les 83 sièges de députés de l’Assemblée nationale. Aujourd’hui, on est sûr que le scrutin aura lieu dimanche, mais il a failli, à plusieurs reprises, être reporté. Et pour cause, les tergiversations entre le gouvernement et le Cos-Lepi, l’organe en charge du toilettage de la liste électorale contestée depuis le KO du président Boni Yayi en 2011. Toutefois, à chaque difficulté, la Cour constitutionnelle a su se montrer prompte pour déterminer le rôle de chaque acteur. Dernier acte en date, la distribution des cartes d’électeurs a démarré avec plusieurs jours de retard à cause des mêmes raisons.

Si le président a dû décréter fériée la journée du lundi dernier pour permettre aux citoyens d’aller retirer le précieux sésame, cette mesure ne pourra pas rattraper le temps perdu. La distribution devrait se poursuivre jusqu’au jour du vote avec les possibles tensions qui vont avec. En fait, le nouveau code électoral prévoit deux phases de distribution des cartes d’électeurs. La première devrait durer 15 jours et se dérouler plusieurs semaines avant le jour du scrutin afin de permettre aux retardataires de retirer leur carte dans une seconde période (moins long). Actuellement, on fait tout en un sans aucune assurance réelle de réussir l’opération. Qu’à cela ne tienne, les Béninois qui réclament les élections depuis des mois, voire des années (les élections municipales prévues en mai sont reportées et auraient dû avoir lieu en 2013) se pressent pour aller retirer leur carte. On a beau critiquer les délais de distribution des cartes, la mauvaise organisation (avec notamment l’idée de distribuer les cartes le jour même du vote), tout le monde tient à ce que le scrutin ait lieu malgré tout.

De fait, les attentions sont plutôt focalisées sur des sujets plus légers. La forme de la carte d’électeur par exemple. Trop grande, falsifiable, en dessous de son coût ou encore peu résistante. Depuis les premières distributions, le document fait l’objet de nombreuses critiques. Parfois en colère, souvent déçus mais toujours avec une bonne dose d’autodérision, les électeurs béninois se déchaînent dans leurs commentaires sur les réseaux sociaux. Voici quelques morceaux choisis. Les « 3 bonnes raisons d’aller chercher notre carte d’électeur » méritent une attention particulière…

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Drôle de cartes d’électeur! Vraiment. C’est une grosse regression.Hey, avant de venir palabrer ici là, va chercher pour toi hein. 😀

Posted by Deo Gratias Kindoho on Wednesday, April 22, 2015

 

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#Benin #Elections #LEPI : Ils nous donnent un jour chômé , donnons leur une législature retraitée ! Il est ahurissant de…

Posted by Lionel Kpenou-Chobli on Monday, April 20, 2015

Je n’ai pas arrêté de la retourner dans tous les sens depuis hier… C’est vrai qu’elle est moche! 😀 Mais bon…Pour…

Posted by Deo Gratias Kindoho on Sunday, April 19, 2015

 



Wasexo : le hashtag « made in Bénin » est arrivé sur les réseaux sociaux

 

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Il a fait son entrée sur les réseaux sociaux au Bénin depuis un mois environ. Le hashtag #wasexo est en train de s’imposer peu à peu comme le mot dièse identitaire du Bénin pour référencer les contenus relatifs au pays sur les réseaux sociaux et sur le Web et en général. En une trentaine de jours, il a été utilisé près de 5 000 fois loin devant les hashtags traditionnels comme #Bénin et #Team229. Des personnalités politiques, des blogueurs et autres personnes influentes dans la webosphère locale et à l’étranger l’ont très vite adopté lui assurant une certaine notoriété.

Inspiré d’une émission populaire

Si les Béninois avaient déjà essayé plusieurs hashtags par le passé sans grand succès, celui-ci présente quelques avantages qui militent en sa faveur. Ils pourraient en effet,  l’inscrire dans la durée comme le hashtag identitaire avec lequel on référence les contenus béninois sur les réseaux sociaux. D’abord, il est court et facile à retenir. #wasexo c’est trois syllabes comme #kebetu ou encore #Iwili. Ensuite, c’est en langue locale. Mieux, il signifie la même chose dans plusieurs langues nationales, notamment dans deux des plus parlées du pays (fon et goun).

L’autre avantage du hashtag #wasexo est que pour une grande majorité de Béninois, wasexo fait penser à une émission radio très populaire dans le pays. Même si l’initiateur du hashtag se défend de s’en être inspiré, #wasexo fait directement référence à cette émission. Il s’agit d’une sorte de revue de presse des faits divers qui est diffusée deux fois par semaine sur une chaîne de radio privée. Pour en savoir davantage sur le hashtag qui semble fédérer tous les Béninois aujourd’hui, je me suis rapproché de son initiateur. Patrick Tossavi, le « père » de #wasexo est un homme du sérail du web 2.0. Il est informaticien et webmaster.

Cinq questions à Patrice TOSSAVI, l’initiateur du hashtag #wasexo

1- Bonjour Patrice, comment est venue l’idée du hashtag #wasexo ?

Bonjour

L’idée du hashtag #wasexo est venue par ma soif de l’actualité, surtout le contenu béninois.

Dans le passé, j’avais mis en place des outils de veille informationnelle sur mon PC notamment des Google Alerte par mail sur toute actualité contenant le mot Bénin de même qu’un logiciel d’agrégation des flux d’information RSS publié par la presse béninoise en ligne.

Avec l’avènement des réseaux sociaux, je me suis abonné à plusieurs pages Facebook et comptes Twitter toujours pour rester informé à chaud. Mais si parcourir toutes ces plateformes web semble fastidieux pour un professionnel du web comme moi, pour un Béninois lambda qui a difficilement accès à internet et qui ne sait, peut-être, rien des flux RSS et Google Alerte, je me dis que la meilleure solution est encore bien loin.

Dans mes recherches, j’ai découvert un portail web sénégalais http://kebetweets.com/ sur lequel sont synchronisées via des hashtags (mots-clés précédés du symbole #), toutes les informations relatives au Sénégal et publiées soit sur un site web ou à travers les réseaux sociaux. En regardant de près, je me suis rendu compte qu’ils ont adopté le hashtag #kebetu (kebetu en wolof, langue majoritairement parlée au Sénégal signifie parloter, bavarder, causer…).

C’est ainsi que j’ai commencé par chercher un terme typiquement béninois pour faire un hashtag identitaire à côté de #benin et #team229 déjà utilisés par assez de Béninois.

2- Dans plusieurs langues locales (dont deux des plus parlées, le goun et le fon), wasexo veut dire littéralement « venez entendre parler ». C’est aussi le titre d’une émission très populaire sur une radio privée locale. Une sorte de revue de presse des faits divers. C’est ça qui vous a inspiré?

Sincèrement, ce n’est pas le titre de cette émission qui m’a inspiré.

J’ai fait assez de combinaisons avant d’y arriver. J’ai tenté des termes proches des langues fon, goun, sahouè, adja et mina. Mais cela ne sonnait pas bien pour moi.

En fait, je tenais à avoir un terme facile à écrire sans le « franciser ». Quand dans mes pensées, est passé l’expression « wa sé xo », j’avais même perdu de vue qu’il y avait une telle émission. Et mon premier réflexe a été de voir sa disponibilité sur Internet aussi bien comme hashtag que nom d’utilisateur Facebook, Twitter, Google+ … et surtout comme nom de domaine pour l’adresse du site web.

3- Les Béninois ont déjà expérimenté plusieurs hashtags par le passé (sans grand succès). Qu’attendez-vous réellement de celui-ci ?

Ce hashtag est comme un challenge personnel !

Celui de pouvoir offrir aux Béninois d’ici et d’ailleurs, une plateforme web unique de laquelle ils peuvent accéder à toute l’actualité nationale que ce soit sur les réseaux sociaux comme sur les sites web de la presse. Au-delà du hashtag #wasexo, il faut voir le portail www.wasexo.com sur lequel on synchronise à la seconde près toute information publiée sur le Bénin et comportant les hashtags #wasexo, #benin et #team229. Je cite ces deux derniers parce qu’ils se sont déjà imposés du fait et on n’a aucun intérêt à les abandonner.

La preuve, si vous faites des recherches sur le hashtag #benin, vous verrez assez de publications en anglais comme en chinois qui n’ont pas forcément de rapport avec le Bénin mais simplement parce qu’ils ont des expressions qui contiennent à leur sein le mot Bénin.

Pour que #wasexo connaisse un succès , ce sera en fonction de notre engagement à nous tous. Comme vous le faites si bien déjà.

De même, les outils technologiques nous donnent assez de moyens de communication.

Si vous visitez les pages Facebook (https://www.facebook.com/wasseho) et Twitter (https://twitter.com/wasexo) dédiées à #wasexo, vous verrez que plusieurs publications de la pression béninoise y sont synchronisées avec insertion du hashtag. Ce qui drainera davantage d’audience pour ces sites, car nos plateformes récupèrent juste les titres, introductifs et lien d’accès pour permettre au visiteur qui clique d’aller lire le contenu intégral sur le site de l’auteur.

4- Quelles initiatives avez-vous prises pour rendre le hashtag populaire afin que les Béninois l’adoptent dans leurs publications ?

J’ai commencé par utiliser la technique de bouche-à-oreille. J’ai contacté assez d’amis par message privé pour leur présenter l’initiative.

Chaque fois qu’un ami y adhère, je lui recommande de commencer par adopter les hashtags #wasexo et #benin cumulativement dans ses publications aussi bien sur Facebook que sur Twitter. J’ai aussi partagé l’information dans plusieurs groupes Facebook et WhatsApp.

Pour un début, je peux dire que la machine n’a pas tardé à démarrer et cela donne de l’espoir.

Cette expérience m’a permis de me rendre à l’évidence qu’il y a du boulot à faire, car il y a assez de blogueurs et journalistes très actifs sur les réseaux sociaux qui ne s’y connaissent pas en usage de hashtags. Or ceci devrait leur permettre de pousser plus loin leurs publications. Cela donne sans doute des idées.

5- Vous avez lancé le hashtag il y a moins d’un mois, comment les Béninois l’ont-ils pris sur les réseaux sociaux ?

J’avoue que c’est très encourageant la réaction des Béninois. Il faut d’ailleurs dire que c’est l’un des cinq premiers messages de félicitations sur la page Facebook qui m’a rappelé à l’esprit l’émission de la radio privée. L’auteur disait « Félicitations, j’aime trop cette émission ! ». Après ça quelqu’un d’autre m’a dit que c’est le nom d’une émission qui passe sur une télévision privée … et je me suis dit si pour la bonne cause, on se retrouve nombreux à porter le même nom, il faut foncer, surtout qu’écrit en phonétique, c’est assez expressif « wa sé xό » pour l’objectif que je visais !

Patrice Tossavi, l'initiateur du hashtag #wasexo est un informaticien et web master

Patrice Tossavi, l’initiateur du hashtag #wasexo est un informaticien et web master

Pour finir, je dirai :

Chers frères et sœurs béninois d’ici et de la diaspora et producteurs de contenu, tout ce que nous pouvons partager comme information publique sur Internet, tout Béninois a le droit d’y avoir accès et pour ça, un seul geste : insérer le hashtag #wasexo !

A tous les consommateurs de l’information béninoise, adopter www.wasexo.com !

Je vous remercie.



Bénin : une statue géante du Président a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux

C’est arrivé lundi (de pâques) 6 avril 2015. En plein coeur de Cotonou, sur l’un des carrefours les plus empruntés de la ville, une statue géante de Boni Yayi, le Président de la République du Bénin est dressée. Habitués aux géants posters du Président de la République qui dominent les grands carrefours du pays, les Béninois se sont pourtant remontés contre cette ultime tentative des partisans de Boni Yayi. C’est un peu comme la goutte d’eau qui a fait débordé le vase dans un pays où l’omniprésence, l’hypermédiatisation et le culte de personnalité du Chef de l’Etat ont atteint des proportions célestes.

C’est d’abord sur Facebook que la grogne a commencé par monter comme en témoigne les captures d’écran qui suivent. De ceux qui se demandent quel est l’intérêt d’une telle initiative à ceux qui comparent cette « horreur » à un attentat à l’esthétique de la ville de Cotonou, les Béninois sont partagés entre colère, indignation et consternation.

 

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Sur Twitter, l’indignation est la même. Les twittos se posent également des questions.

https://twitter.com/afr0steph/status/585212496312721409

 

Mais la critique la plus intéressante que j’ai pu avoir est à l’actif d’un journaliste connu pour ses commentaires réguliers sur l’actualité politique nationale. Voici son analyse que vous pouvez retrouver sur son compte Facebook :

Acte de laideur.

Ce matin, j’ai prié Dieu, un peu plus sérieusement que d’habitude. Je l’ai remercié pour avoir envoyé son fils unique sur terre nous purifier de nos souillures.

Je l’ai ensuite remercié encore plus intensément pour m’avoir gardé chez moi ce lundi de Pâques. Si je devais sortir, ce serait à coup sûr pour me rendre sur mon lieu de travail et je serais inévitablement tombé sur ce machin (Voir photo ci-dessous piquée sur le mur de Aboubakar Takou) qui a surplombé le carrefour « Bon Pasteur » quelques instants avant d’être démonté. Il faut en savoir gré à ceux qui ont eu la bonne idée de capter ce grand moment de décadence au coeur de la métropole béninoise. La postérité en jugera.

Ainsi donc, les propagandistes du régime, résolument engagés à mettre leur intelligence au service exclusif de leur ventre quitte à en perdre la raison, veulent passer à une autre étape, un cran plus loin dans la trivialité. Le grand affichage à la gloire du père refondateur ne suffit plus, il faut maintenant des statues géantes à son effigie. On commence d’abord avec des matériaux précaires, à l’image de l’horreur qui nous a été exposée hier, puis on finit en matériaux définitifs au cas où il n’y aurait pas de tollé? Cela ne m’étonnerait pas qu’ils y aient pensé, vu que nous avons bu chacune de leurs conneries jusque-là sans grands remous. Lorsqu’on a atteint un tel niveau de déchéance, les portes sont ouvertes à toutes les bêtises.

Si leur coup d’hier était un ballon d’essai, il me semble qu’il a été très tôt dégonflé. Puisse le prochain qu’ils lanceront, leur explose en pleine figure!

Très rapidement, à la mesure où le mécontentement grandissait sur les réseaux et sur les radios locales, la statue a été enlevée. Pour une fois, la grogne a fait plier les « propagandistes du régime » qui ont pris l’habitude d’user de tous les moyens, même les plus inimaginables pour séduire leur « héros ».