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Facebook… et dans dix ans ?

Photo: metronews.fr

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Cette semaine, Facebook soufflait ses dix premières bougies. Un anniversaire forcément spécial pour le réseau social au plus d’un milliard d’utilisateurs. A cette occasion, le patron de Facebook, Mark Zuckerberg a posté un  message sur son mur. Un message dans lequel il revient brièvement sur le parcours de Facebook jusque-là, mais aussi sur quelques perspectives d’avenir. Après avoir lu son message, j’ai décidé d’aller un peu à contre-courant de tous les articles qu’on a vus ces derniers jours sur les dix premières années de Facebook. C’est-à-dire de ne pas revenir comme tout le monde sur les dix premières années du premier réseau social au monde. En fait, il s’agit d’essayer de comprendre, à la lumière de cette publication ce que deviendrait Facebook dans dix ans.

En effet, en ce moment tous les médias s’attachent à rappeler l’histoire du réseau depuis la naissance de The Facebook depuis un dortoir de Harvard jusqu’au milliard d’utilisateurs en passant par l’introduction en bourse. Pendant ce temps, le PDG de la start-up devenue géant du web se dit encore plus excité par rapport aux dix prochaines années que des dix dernières. En effet, au bout de dix ans de présence dans la vie de ses utilisateurs et pendant que plusieurs analystes prédisent une fin prochaine à Facebook, l’un des plus gros défis du réseau aujourd’hui est de pouvoir être présent dans dix ans. Et ne pas subir le même sort que ses ainés Hi5 et Myspace. Le rachat et le développement de nouvelles applications (Instagram, Paper) et services vont certainement dans ce sens.

Ensuite, l’autre chose intéressante dans le post de Mark Zuckerberg est lorsqu’il dit qu’on va devoir connecter (dans les dix années à venir) les deux autres tiers de la population mondiale qui n’ont pas encore accès à l’internet. Ceci n’est évidemment pas indissociable de son projet internet.org qui vise à démocratiser l’accès à internet dans les pays pauvres. Alors question… A quoi va ressembler Facebook si cela arrivait ? Il n’y aurait même plus de superlatifs pour qualifier le réseau social.

Enfin, pour Mark Zuckerberg, dans la prochaine décennie, les réseaux sociaux vont également servir à résoudre des problèmes plus complexes. Et de quels problèmes peut-il s’agir ? On sait déjà le rôle très important que Facebook a joué dans les printemps arabes et autres contestations socio-politiques  à travers le monde (Turquie, Brésil et récemment en Thaïlande). Mais visiblement le patron de Facebook n’en est pas encore totalement satisfait ou ne compte pas s’en arrêter là. A cet propos, il va falloir être très attentif au poids socio-politique que prendront les réseaux sociaux, surtout quand le haut débit arrivera dans les pays en voie de développement et que les smartphones se seront démocratisés totalement. En dix ans, Facebook n’a cessé de nous surprendre, et tout en entretenant le mystère autour de son entreprise, Mark Zuckerberg ne manque pas d’ambitions.



Autorités béninoises, connectez-vous…!

Inutile de chercher le compte officiel de la Présidence de la République du Bénin sur Twitter, il n’y en a pas. Vous n’y trouverez pas non plus celui de l’Assemblée Nationale ni d’aucun autre ministère. Il en est de même sur Facebook, YouTube, Flickr etc. Par ailleurs, les rares comptes personnels d’officiels béninois que l’on rencontre ici et là sur les médias sociaux sont non ‘certifiés’ et quasiment inactifs. Dans un pays où l’on prône la gouvernance numérique et dans un contexte international (disons même sous régional) où les réseaux sociaux prennent de plus en plus d’ampleur dans la politique, on se demande ce qu’attendent nos autorités politico-administratives pour se mettre à la page.

Crédit photo: blog.econocom.com

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Cet article peut ressembler à un coup de gueule. Mais j’en fais tout simplement une invitation. Une invitation à la destination des autorités de ce pays. Et elle va non seulement à destination des autorités béninoises mais aussi de la jeunesse. En effet j’aurais pu intituler cet article « Jeunesse béninoise, connecte-toi ! ». Mais que représente ma pauvre personne, pour que je me décrète le droit de donner ces genre de leçon à la jeunesse de mon pays. Il est clair que ce dont la jeunesse béninoise a besoin aujourd’hui n’est pas un donneur de leçons qui la considère avec condescendance. En plus, il faut avouer que la jeunesse béninoise, malgré ses moyens limités, notamment les difficultés d’accès à internet, fait déjà quelques efforts remarquables sur les réseaux sociaux. Alors, notre cible est toute trouvée. Parlons de nos autorités, notamment du président de la République, des présidents d’institution, des ministres, des directeurs généraux, des directeurs de cabinets et autres professeurs d’université. Ceux-là mêmes qui disposent de grands moyens pour s’informer. Eux qui sont au courant de ce qu’il se passe ailleurs, dans des pays où ils voyagent en plus. Pourtant, ils n’ont pas encore jugé nécessaire de se mettre dans la dynamique du dialogue interactif avec leurs administrés sur la toile.

Silence radio des autorités béninoises sur les réseaux sociaux

Le constat est amer (du moins pour moi), mais il est là. Il faut croire que nos autorités sont allergiques aux nouvelles technologies. Qu’elles sont indifférentes à l’ampleur que prennent les réseaux sociaux dans notre quotidien et notamment dans la politique. En tout cas, c’est ce que nous laisse comprendre notre constat dans le domaine. En effet, nos autorités et nos institutions s’illustrent manifestement par leur absence sur la toile, notamment sur les réseaux sociaux.

D’abord tenez, par exemple, sur Facebook, plusieurs comptes se réclament être celui de la Présidence. Du coup, on ne sait pas lequel est officiel.  Sur Twitter par contre, il n’y a même pas de trace d’un compte du Palais de la Marina.  Pourtant, dans notre voisinage au sein de la sous-région, on connait le compte Twitter du Palais de Koulouba, celui de la présidence ivoirienne, mais également le compte Twitter de la Présidence sénégalaise pour ne citer que ceux-là.

Aussi, sur Twitter il y a un compte qui se réclame être celui du président mais, non seulement il n’est pas certifié, il est quasiment inactif et du coup personne ne s’y intéresse vraiment. La preuve en est: le nombre de ses abonnés.

Or, les chiffres sont clairs aujourd’hui. Les réseaux sociaux sont les sites les mieux visités dans le monde. De fait ils représentent un canal intéressant pour la communication, les informations et surtout pour entretenir le dialogue avec une communauté. D’ailleurs certains dirigeants l’ont compris et s’y sont mis (à fond). En effet, à côté de notre chef d’État, le président rwandais, Paul Kagamé est quasiment une rock star sur Twitter.

Ce manque d’intérêt que portent nos autorités aux réseaux sociaux tient non seulement de leur propre indifférence mais aussi du fait des internautes qui n’adoptent pas encore les bonnes habitudes.

Quelques raisons évidentes de ce manque d’engouement

L’ignorance (ou sa forme atténuée, l’indifférence)! Elle est sans doute très déterminante pour ne pas partir la raison principale pour laquelle l’on remarque toujours ce mutisme sur les réseaux sociaux. Certes, aujourd’hui un nombre incalculable de béninois utilisent les réseaux sociaux, Facebook en tête et les autres aussi comme Twitter, Tumblr ou YouTube. Le réseau social de Mark Zuckerberg est même devenu incontournable dans certaines couches de la population, notamment chez les jeunes. Mais tout ceci à quelle fin ? En effet, une majorité des gens continuent d’utiliser ces nouveaux médias comme de simples moyens de garder contact avec des amis, chatter, draguer ou partager des blagues et vidéos débiles. C’est-à-dire qu’on fait très peu d’utilisation professionnelle ou militante de ces réseaux. Par exemple, les médias traditionnels (radio, télé, presse écrite) qui devraient déjà commencer par utiliser ces nouveaux canaux ne le font pas. Il n’y a même pas un journaliste bien connu qui fait son buzz sur la toile ici.

En termes clairs, ils n’ont pas encore pris conscience qu’il s’agit littéralement de « nouvelles armes de destruction massive », pour reprendre une formule de Sinatou Saka (blogueuse et web-journaliste béninoise), à leur portée et qu’ils doivent savoir utiliser pour influencer les actions et les décisions politiques même au sommet de l’État. Du coup, les autorités et les hommes politiques ne se pressent pas pour assurer leur défense en ligne, si l’on reste dans cette veine métaphorique. De ce fait, certaines personnes bien avisées n’hésitent pas à profiter du vide en créant des comptes parodiques en lieu et place des comptes réels. C’est le cas par exemple de la SBEE  (Société Béninoise d’Énergie Électrique) qui est bien parodiée sur Twitter pour ces délestages intempestifs.

Quelques efforts louables…

Il est vrai que les béninois en général et les autorités en particulier ont encore beaucoup à faire dans le domaine des médias sociaux. Cependant, le tableau n’est pas si sombre qu’il y parait. Il y a, en effet, des efforts louables qui sont faits tant par des individus, jeunes ou plus âgés mais aussi quelques rares institutions ou organisations qui sortent du lot. C’est pour cela que je voudrais rendre ici un hommage bien mérité à certaines personnes ou structures. C’est par exemple le cas du quotidien ‘’La Nouvelle Tribune’’ qui assure une parfaite couverture en ligne et notamment sur les réseaux sociaux (Facebook et Twitter). Je saluerai aussi les efforts de Capp FM, Radio Tokpa etc. Certaines organisations comme l’UAC (Université d’Abomey-Calavi) sont aussi à féliciter. Par ailleurs, nous connaissions déjà le ministre Marcel de Souza sur Twitter, mais au lendemain du dernier remaniement, nous avons aussi vu arriver le ministre des télécoms M. Komi Koutché.

En définitive, pour un accro des nouvelles technologies, d’internet et surtout des réseaux sociaux comme moi, on est souvent écœuré de voir que nous, Béninois, sommes encore en retard sur certains de leurs usages. Cependant, j’ose espérer que nous y arrivons à grands pas !