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Nuit poétique : quand le « Printemps des poètes » s’installe à Cotonou

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La première édition de la Nuit poétique a eu lieu à Cotonou ce vendredi 6 mars 2015

Conférences, ateliers, jeux-concours, expositions, vont se succéder tout ce mois à l’Institut français du Bénin. Dédié à la Francophonie, le mois de mars est le moment de célébrer la langue française. C’est donc à juste titre que l’Institut français a concocté un programme spécial pour l’occasion.

L’événement organisé par un collectif de jeunes auteurs s’inspire du Printemps des poètes célébré en France et à Québec. Ce 6 mars 2015, les poètes ont donc pris d’assaut le lieu. Manipulateurs et fantaisistes des mots, ils ont donné libre cours à leur art, parfois dans une mise en scène théâtrale. Cette manifestation a toutefois débuté par un hommage au professeur béninois Fernando d’Almeida, poète émérite décédé deux semaines plus tôt à Yaoundé au Cameroun où il enseignait à l’université.

Puis, ce fut au tour du professeur Marc Aurèle Afoutou de donner le coup d’envoi de la manifestation devant un public enthousiaste composé de nombreux enseignants universitaires que le genre poétique n’attire que très rarement. L’enseignant n’a pas manqué d’adresser une pique aux parents d’élèves qui n’incitent pas lycéens et collégiens à s’intéresser à la chose littéraire. Il aurait souhaité les voir davantage dans le public. Pendant trois heures, c’était la fête des mots, enfin, du verbe.

Cette sorte de danse des mots « grand public » qu’était la « Nuit poétique » a fait de la place également aux artistes et surtout aux musiciens qui accompagnaient tous les poètes dans leur lecture de texte. Le tout dans une improvisation réussie. Toute la soirée ne fut que déclamations poétiques, slams, rythmes et verbes.

Afrique, femme et politique au menu

Comme dans les classiques de la poésie africaine, les grandes thématiques du continent ont été abordées. Tel texte rendait hommage àThomas Sankara ou à Patrick Lumumba. Kwameh Nkrumah, Jomo Kenyatta, ardents défenseurs du panafricanisme. Nelson Mandela a lui aussi été célébré.

Et en cette veille du 8 mars, la femme était à l’honneur. Mère, amante, fille, fiancée, battante, courageuse, homosexuelle, etc. , elle a été superbement célébrée. La « Nuit poétique » n’était pas exclusivement réservée aux poètes béninois. Des auteurs venus de France ont aussi participé à cette rencontre.

La politique s’était aussi invitée au spectacle à travers les mots. Entre métaphores animalières et habiles jeux de mots, poètes et slameurs nous ont renvoyé toute la soirée des images d’une jungle ou d’une République curieusement très proche de la nôtre. Pour sa première édition, on peut dire que le « Printemps des poètes » a réussi son coup d’essai.

 Retrouvez ici quelques poèmes dits lors de la soirée

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L’Institut français célèbre 50 ans d’existence au Bénin

L’année 2013 marque les 50 ans de présence de l’Institut français au Bénin. Pour célébrer ses noces d’or avec le public béninois, l’ex-CCF (Centre culturel français) consacre tout le dernier trimestre de cette année à des manifestations spéciales pour marquer l’événement. C’est surtout l’occasion pour certains artistes qui ont été promus par l’institut de rendre hommage à ce dernier et de mettre en avant le rôle important qu’il joue dans le paysage culturel de notre pays.

 

Institut français de Cotonou, Photo: Maurice THANTAN

Institut français de Cotonou, Photo: Maurice Thantan

C’est par la première édition de la nuit blanche à Cotonou que l’Institut français a lancé cette année les festivités marquant le cinquantième anniversaire de sa présence au Bénin. En effet, le 5 octobre dernier, l’Institut français a organisé dans ses espaces la soirée qui marque aussi le début des festivités du cinquantenaire. La soirée a débuté par le vernissage de l’exposition Hommage réunissant des œuvres d’artistes plasticiens comme Romuald Hazoume, Dominique Zinkpe, Aston, Gérard Quenum, Simonet, Tchif et Charly d’Almeida.

Ces artistes reconnus dont la notoriété dépasse désormais les frontières nationales ont exposé à l’Institut au cours de leur carrière. Cette exposition collaborative revient sur les liens qu’ils ont entretenus avec la structure. L’exposition Hommage qui propose sculptures, installations, projections, vidéos dans les différents espaces est à voir jusqu’au 21 décembre 2013. Par ailleurs d’autres prestations d’artistes musiciens, comédiens ou humoristes s’inscrivant dans le cadre de la célébration de ce cinquantenaire se sont succédé à l’Institut Français depuis octobre. En effet, cette célébration entre autres la participation des stars comme Awadi, Mamane de RFI, le groupe Poly Rythmo, Tola Koukoui ou encore Angélique Kidjo.

 

Taxi Démocratie par Zinkpe,  une des installations de l'exposition HOMMAGE, Photo: Maurice THANTAN

Taxi Démocratie par Dominique Zinkpe, une des installations de l’exposition « Hommage », Photo : Maurice Thantan

En fait, l’Institut français tient rôle de tête d’affiche dans le paysage artistique et culturel de Cotonou. En effet, en l’absence de bibliothèques nationale et municipales sérieuses, celle de l’Institut français représente une mine importante de ressources pédagogiques à la fois pour les élèves, enseignants et chercheurs. Par ailleurs, pour les cinéphiles (comme moi par exemple) la vidéothèque et l’auditorium sont quasiment les seuls endroits à Cotonou où l’on peut légalement assouvir cette passion face à la disparition quasi totale des salles de cinéma. L’Institut français, c’est également des clubs de lecture et des rencontres littéraires qui témoignent de la créativité et du dynamisme de la création littéraire de notre pays.

Au moment de célébrer les cinquante bougies de l’existence de cet Institut, et à la suite des artistes plasticiens cités plus haut, c’est un  hommage  personnel que je rends à travers cet article en tant que, adhérent de longue date et personne ayant une relation particulière avec le lieu. Cet hommage est d’autant plus nécessaire quand je réalise que sur le plan national, il manque cruellement d’établissements semblables à celui-ci. En effet, en écrivant cet article, je n’ai pas pu m’empêcher de me confronter moi-même à certaines questions essentielles en tant que Béninois. Pourquoi plus de cinquante ans d’indépendance après je dois écrire un article pour célébrer le travail remarquable que fait l’Institut français dans le paysage artistique, culturel et littéraire de mon pays ? Parce que je n’ai pas le choix peut être… !

C’est donc pour cela que tout en souhaitant longue vie et plein succès à l’Institut français du Bénin, j’en profite pour lancer un appel aux dirigeants à divers niveaux de ce pays à penser à ériger un pôle culturel, artistique et littéraire digne de la diversité et de la création artistique et culturelle de notre pays.