Benin : difficile dialogue entre gouvernement et partenaires sociaux

Depuis le début de l’année 2014, la tension sociale n’a cessé de monter au Bénin. Face aux multiples mouvements de débrayage et aux diverses grèves qui affectent quasiment toute l’administration publique, le gouvernement et les organisations syndicales peinent à trouver un terrain d’entente.

 

Crédit Photo: www.24haubenin.com

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La crise qui secoue actuellement le Bénin est d’une ampleur rarement observée. Et les menaces qu’elle fait peser sur la nation suscite craintes et inquiétudes au sein de la population. En effet, il s’agit d’une crise sociale sur fond de scandale politico-économique tant le gouvernement crie à la manipulation et les syndicats ne veulent pas lâcher du lest.

Il faut remonter à décembre 2013 pour appréhender les causes de la tension. En effet, le 27 décembre 2013, en marge du discours du chef de l’État sur l’état de la nation, les centrales syndicales décident d’effectuer une marche à travers la ville de Cotonou. Une marche pacifique censée dénoncer les «dérives» du pouvoir et exiger, entre autres, le respect des libertés démocratiques qui a été violemment réprimée par les forces de l’ordre faisant des blessés dans les rangs des syndicalistes.

Pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «barbarie (…), d’actes d’intimidation et de répression» et de «violation des libertés fondamentales»  ces derniers ont lancé plusieurs mouvements de débrayage dans l’administration publique. Depuis le 7 janvier 2014, tous les secteurs de l’administration publique sont affectés l’un après l’autre. De l’enseignement à la justice en passant par la santé aucun service n’est épargné.

Parmi leurs revendications les syndicalistes réclament le limogeage du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Placide Azandé et du commissaire central de la ville de Cotonou qu’ils mettent en cause dans la répression de la marche du 27 décembre. Ils exigent par ailleurs la restitution des défalcations opérées sur les salaires, pour fait de grève, de 2012 à 2014. Par contre, le gouvernement, lui, ne semble pas fléchir sur aucun de ces points.

Depuis le 3 février dernier, trois tentatives de négociation ont été amorcées entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Toutes les trois ont accouché d’une souris à chaque fois ou se sont terminé en queue de poisson. Demain, lundi 24 février, une nouvelle rencontre est encore prévue.

A ce jour, les centrales syndicales exigent toujours la démission des deux mis en cause avant toute forme de négociation. Pendant ce temps, l’administration publique tourne au ralenti, l’éducation nationale côtoie l’année blanche, des patients meurent dans les hôpitaux  faute de soin et les tribunaux se vident. Le sentiment d’abandon gagne la population exaspérée par toutes ses crises. C’est donc dans cette ambiance délétère que se trouve le Bénin en ce moment. Et c’est à juste titre que l’on se demande si le pays n’est pas vraiment au bord de l’implosion ? Espérons que non !