Bénin/Sécurité : deux policiers tués par des malfrats en un mois

Le samedi dernier, un élément de la Police nationale du Bénin tombait sous les balles des braqueurs à Cotonou. Trois semaines plus tôt, un autre agent de la Police subissait le  même triste sort, toujours à Cotonou. Des événements qui émeuvent toute la population béninoise et nous amènent a soulevé plusieurs interrogations. Quel état actuel de la sécurité intérieure dans notre pays ? La Police nationale a-t-elle les moyens pour faire face à une telle menace?

Photo: news.acotonou.com

Photo: news.acotonou.com

Petit rappel des faits : Le samedi 7 juin 2014, un agent de la Police Nationale du Bénin a été froidement abattu par des malfrats. Ces derniers venaient de braquer une banque située dans la zone commerciale de Ganhi. Alerté par ses paires, le gardien de la paix de deuxième classe (GPx2) Roland Kpadonou, avait reçu pour instruction de bloquer la circulation afin de ralentir la fuite des braqueurs. Les malfrats qui se déplaçaient sur deux motos ont alors essayé de forcer le passage. C’est ainsi que le policier les reconnut et tira sur l’un deux qu’il blessa à la jambe. Mais ils ripostèrent avec des armes automatiques et l’atteignirent mortellement à la tête. Moins d’un mois plus tôt, le 13 mai 2014, un autre braquage de la même ampleur avait eu lieu à Minontin, quartier situé au nord-est de la ville. La cible était une institution de micro-finance. Bilan : un policier tué, des millions emportés par des braqueurs qui courent toujours. Au vue de ces événements malheureux qui suscitent l’émoi et la consternation dans toute la population béninoise, certaines interrogations s’imposent. La première sur la sécurité intérieure de notre pays face à cette apparente circulation d’armes automatiques. On peut également s’interroger sur la capacité réelle de nos forces de l’ordre à faire face à ces genres menaces. Une menace de plus en plus locale Généralement, les attaques du type braquage ou celles dans lesquelles les voleurs utilisent des armes automatiques viennent souvent de l’extérieur. Du Nigéria en occurrence. Pourtant ces deux dernières nous apprennent manifestement une chose : la menace est de plus en plus interne. Ce qui nous amène à penser qu’il existe un certains nombres d’armes à feu en circulation dans notre pays; sans contrôle (évidemment). Comment l’expliquer ? Je ne saurais me lancer dans des spéculations hasardeuses que la déontologie de mon exercice de blogueur ne me pardonnerait. Mais lorsqu’on ajoute à cette apparente circulation d’armes, la facilité qu’ont les malfrats à dégainer sur nos policiers et à faire des victimes dans leur rang avant de se volatiliser dans la nature, nos inquiétudes peuvent être clairement fondées. C’est donc naturellement que l’on arrive à se demander si nos forces de sécurité sont à même de contrer ces menaces.  La police, victime de sa faiblesse « Les malfrats ne peuvent pas être plus organisés que les forces de l’ordre au point de disparaître complètement dans cette petite ville de Cotonou après leurs braquages. Ils ne peuvent pas être plus armés que nos forces de l’ordre. » Il s’agit là de l’une des nombreuses réactions d’indignation de béninois auxquelles je me suis retrouvé face en préparant cet article. En effet, au vue de la situation on peut partager cet avis. D’où la question essentielle de savoir si nos forces de sécurité peuvent faire contrer la menace. A priori, la réponse est oui puisqu’il s’agit de leur boulot, mais les faits semblent nous prouver le contraire. On ne peut pas dire que ce sont les ressources humaines qui manquent à la police. Elle est de loin le seul secteur qui recrute massivement chaque année dans ce pays. Mais les responsables de la police n’ont cessé de dénoncer le manque de moyens matériels et logistiques mais aussi de formation adaptée. Il revient aux autorités chargées de prendre les décisions qui s’imposent de prendre leurs responsabilités Je ne peux pas terminer cet article sans rendre un hommage mérité à ces deux policiers qui sont tombés les armes à la main en défendant ce pays. Tous mes soutiens vont également à leurs familles respectives.  Je voudrais aussi appeler tous mes compatriotes à continuer à encourager et à faire confiance à nos forces de l’ordre qui restent, malgré tout, les seuls garants de notre sécurité nationale.