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Le football béninois, cette difficile équation (Partie II)

L'équipe nationale de football, les écureuils du Bénin.

L’équipe nationale de football, les écureuils du Bénin.

[Il y a un an, j’avais écrit un article intitulé “Le football béninois, cette difficile équation” dans lequel je relatais la situation dans lequel le football était empêtré. 12 mois sont passés et rien n’a changé, voici la suite de l’histoire. A l’origine, j’avais intitulé cet article : “Au Bénin, on sacrifie le football sur l’autel des intérêts personnels”]

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L'équipe nationale de football, les écureuils du Bénin.

Le football beninois, cette difficile équation

Ce samedi 13 juin, les Écureuils du Bénin vont affronter le Nzalang nacional de la Guinée équatoriale à Bata ou à Malabo. La rencontre compte pour la première journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN Gabon 2017). Mais peu de Béninois misent sur une prestation spectaculaire du onze national. (suite…)



Facebook : nouveau champ de bataille des politiciens béninois

Il y a un peu plus d’un an, sur ce même blog, alors que je commençais mes premiers pas sur Mondoblog, j’avais écrit un billet sur l’utilisation que les hommes politiques et l’administration publique béninois faisaient (ou pas) des réseaux sociaux. A l’occasion, je dénonçais l’absence des autorités politico-administratives béninoises sur ces plateformes. En 2015, le constat est tout autre. Si l’administration publique peine toujours à se mettre à la page (hormis de timides tentatives peu maîtrisées ici et là), les hommes politiques ont pris d’assaut les réseaux sociaux (Facebook surtout), notamment en cette veille de joutes électorales.  En fait, 2015 et 2016 sont deux années importantes pour le Bénin sur le plan électoral. La première connaîtra le renouvellement du mandat des députés puis celui des maires. Les élections législatives sont fixées au 26 avril. Le dépôt des candidatures est à peine clos, mais la campagne bat déjà son plein sur la Toile. Par ailleurs, en 2016, le président de la République, Boni Yayi, arrive au terme de son deuxième mandat constitutionnel. Il devra céder le fauteuil présidentiel de la Marina à un nouveau locataire. La bataille de sa succession est aussi ouverte depuis plusieurs mois.

Les équipes de campagne des potentiels candidats, désormais conscientes de la capacité de mobilisation et de l’importance des réseaux sociaux ont donc décidé d’envahir le réseau de Mark Zuckerberg surtout. C’est à coup de pages et publications sponsorisées, mais aussi de hashtags accrocheurs (voire racoleurs) que les politiciens s’affrontent sur Facebook. De #Croyonsennous à #lajeunesseestlasolution en passant par #Nimo2015 ou encore ‪#‎EnsembleNousSommesLaSolution‬, la diversité des hashtags qui s’affrontent donne un aperçu de l’ampleur du phénomène. Impossible de se connecter sur le réseau social sans croiser l’une de leurs nombreuses publications. Les politiciens misent également sur leur image. C’est ainsi que vous allez vous retrouvez devant des images « photoshopées » à l’extrême juste pour donner une certaine impression de jeunesse et de vitalité aux hommes qui pour la plupart ont dépassé la cinquantaine.

L’objectif visé est clairement affiché : séduire la jeunesse ultra connectée, mais de plus en plus consciente et exigeante vis-à-vis de la politique. Une jeunesse surtout réticente par rapport aux promesses politiques creuses et pour la plupart irréalisables. Cette jeunesse, elle a fait de Facebook son exutoire politique faute d’avoir une vitrine pour s’exprimer. Dans les nombreux groupes de discussion politiques qui pullulent sur le réseau, chacun y va de son commentaire, de son analyse et de ses ambitions. Dans ces groupes, des leaders d’opinion émergent. Des opposants se font remarquer. Et c’est là que les politiciens vont pêcher.

 

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Sur Facebook, la concurrence est rude

Dans ce contexte, on voit affronter plusieurs types de politiciens. Évidemment il serait impossible d’établir ici leur typologie complète. Je ne citerai pas non plus le nom d’untel ou d’un autre. Cependant, on retrouve les acteurs déjà en fonction qui communiquent énormément sur leurs activités. La moindre mission à l’intérieur du pays, le moindre voyage à l’extérieur,  la signature d’un accord ou l’organisation d’un séminaire est fortement relayée sur Facebook a coups de publications sponsorisées. Parfois, on pense même qu’ils abusent. Il y a également ceux qui n’ont pas encore de mandats. Ceux là s’illustrent plutôt à travers leurs initiatives personnelles. Lorsque l’un des prétendants à la présidence pose fièrement aux côtés d’un jeune béninois qui a réalisé une performance exceptionnelle comme Carlos Bossouvi, il ajoute à sa photo ces quelques lignes : « C’est à cette jeunesse que je pense dans tous mes projets et mes déplacements, celle qui se lève pour relever les défis de notre pays ». Ils profitent de toutes les occasions pour s’exprimer. Journées internationales, fêtes religieuses, Saint Valentin, toutes les occasions sont bonnes à saisir.

D’un autre point, il y a ceux qui ont abordé la démarche dans sa globalité, c’est-à-dire qu’ils s’assurent une présence sur quasiment toutes les plateformes les plus importantes, hashtags et initiatives ultra branchées à l’appui. Puis il y a certain qui ne voient pas plus loin que Facebook (et Dieu sait qu’ils peuvent avoir raison -chez nous les réseaux sociaux se limitent trop souvent à celui-là seul-). Et d’un autre point de vue encore, il y a ceux qui passent leur temps à critiquer la politique du gouvernement actuel. C’est vrai qu’en cette fin de mandat, le « Yayi bashing » a le vent en poupe. Même ceux qui ont été biberonnés au régime du changement puis de la refondation ces dix dernières années se plaisent à critiquer le gouvernement qui les a fait émerger. Mais ça, c’est encore une autre affaire.

Une jeunesse méfiante et aux aguets

Si les hommes politiques font peu à peu leur nid sur les réseaux sociaux à la conquête d’un électorat relativement jeune, ils ne manquent pas de faire face aux exigences et aux défis que leur impose ce monde plutôt à part. De ce fait, sur les réseaux sociaux, les hommes politiques doivent faire preuve de rigueur et de sérieux pour ne pas tomber dans le ridicule. La parole étant libre sur ces plateformes. Je me rappelle encore de ce militaire à la retraite qui serait candidat aux présidentielles, mais qui a essuyé de nombreuses critiques dès ses premières apparitions sur Facebook. C’est vrai qu’entre ses slogans aux origines douteuses aux fautes d’orthographe et de grammaire contenues dans ses messages eux- mêmes incohérents, il avait du mal à convaincre. Les internautes n’ont pas manqué de le repérer et de le lui signifier, indépendamment des sentiments politiques des uns et des autres.

Et puis, contrairement aux masses populaires des zones rurales qui gobent facilement à longueur de journée les discours des hommes politiques, les jeunes béninois (ceux pour qui Internet n’est vraiment pas un luxe) qui traînent sur Facebook et Twitter ont un certain esprit critique bien affûté (pas tous, c’est vrai, mais une bonne partie quand même). Voici l’extrait d’un billet de blog écrit par un jeune béninois qui vit en Belgique.

Les réseaux sociaux ne sont pas en reste, cette couverture médiatique subite des différents candidats sur la toile en dit long. Parmi eux, il y en a qui du jour au lendemain se sont découvert des talents de donateurs à travers des structures créées spécialement pour l’occasion et dont on entendra plus parler une fois les élections finies. Il y a aussi ceux-là qui font semblant d’être proches de cette jeunesse-là à travers des statuts ou des publications à dormir debout. Il y a aussi ces jeunes-là qui pour un billet bleu sont prêts à relayer ces inepties sur les réseaux dans le but de dynamiser l’image de leurs soi-disant challengers.

C’est le même esprit qui caractérise cette publication (voir ci-dessous) d’un autre jeune qui semble s’étonner de l’intérêt que les politiciens ont commencé soudainement à accorder aux réseaux sociaux. Il ne manque pas de les prévenir d’ailleurs.

En définitive, les politiciens béninois ont bien pris leur quartier sur les réseaux sociaux. Indubitablement, comme dans d’autres pays avant le Bénin, une bonne partie de la campagne des prochaines élections notamment les présidentielles va se jouer sur Facebook, Twitter ou encore Google+. Et à mon avis, on peut y voir deux intérêts. D’abord, les prétendants à certains postes de responsabilité sont facilement accessibles. On peut s’adresser à eux frontalement et publiquement. Souvent, ils réagissent. Transparence et crédibilité obligent. D’autre part je présume que ça ferait de l’emploi pour des jeunes. J’imagine que pour assurer leur présence en ligne, les hommes politiques doivent recourir aux services de jeunes gens (comunity managers comme on les appelle) qui maîtrisent ces outils.



Un journaliste de la télévision nationale interpelle le Président Boni Yayi pour réclamer plus de liberté d'expression dans les médias de service public

Boni Yayi invité à être « Charlie » pour les journalistes béninois

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François Hollande serre la main du président du Bénin Boni Yayi, venu pour la marche républicaine, le 11 janvier 2015.

Le dimanche 11 janvier 2015, le président du Bénin Boni Yayi était l’un des six chefs d’Etat africains à marcher à Paris au milieu d’une soixantaine de dirigeants venus du monde entier lors de la marche républicaine contre le terrorisme. C’était quelques jours après l’attentat à la rédaction du journal satirique français Charlie Hebdo. Vue du continent, la participation des chefs d’Etat africains (tous francophones) a suscité la polémique (à l’exception notable de celle de IBK, le président malien). Mais il semble que celle-ci ait ouvert un boulevard aux journalistes pour réclamer plus de liberté d’expression sur le continent. C’est de toute évidence le sens que l’on peut donner à la nouvelle qui fait actuellement le buzz au Bénin.

C’est tombé comme un coup de théâtre. Jamais personne n’aurait imaginé un journaliste de la première chaîne de télévision publique se rebeller de cette façon et en direct. Pourtant, hier, lundi 12 janvier 2015, alors qu’il présentait le journal télévisé de 23 h 30, Ozias Sounouvou, le journaliste de l’ORTB (Office de radiodiffusion et de télévision du Bénin) n’est pas allé pas quatre chemins pour exprimer son désarroi face à sa situation et celle de ses collègues. Alors que le reportage sur la participation de Boni Yayi à la marche républicaine venait d’être diffusé, avec adresse, il a interpellé le président de la République lui demandant également d’être « Charlie » pour les journalistes de l’Office.

Voici l’intégralité des propos d’Ozias Sounouvou :

 « Être heureux et fier du sens de l’engagement de Boni Yayi devenu Charlie pour la liberté de presse en France et à l’international. Comme on aurait aimé pour aller au bout de cet engagement,que le chef de l’Etat devienne Charlie-Ortb. Charlie-Ortb pour la liberté de presse sur le service public de l’audiovisuel au Bénin ; liberté de presse qui rime avec ouverture des antennes de la télévision nationale aux vrais débats, sur les grandes questions politiques et autres qui engagent le présent et l’avenir de la Nation. Monsieur le président de la République, sauvez la liberté des journalistes à l’ORTB précieux héritage de la conférence nationale entre autres et entrez dans l’histoire. Pardon pour cette impertinence, n’est-ce pas là aussi l’esprit Charlie. Clause de conscience et devoir républicain obligent. Monsieur le Président de la République, vous êtes notre recours, rendu obligé ce soir après trois pétitions infructueuses des journalistes de l’ORTB, pour le retour de la liberté de presse sur le service public. Nous voulons juste faire notre métier et prendre notre part à la construction de la République. Vive le service public de l’information sur la chaîne publique ! Vive la république !  » 

 

Depuis, c’est le branle-bas dans l’actualité nationale. Dans la presse et surtout sur les réseaux sociaux, le sujet est l’objet de toutes les conversations. Certains Béninois craignant que le journaliste soit sanctionné pour son impertinence ont d’ailleurs commencé à lancer plusieurs mouvements de soutien à son action sur Facebook. Ils ont repris à leur compte le slogan inventé par Jochim Rocin en l’adaptant au contexte local. Ainsi, les slogans #JeSuisOzias et #CharlieOrtb sont devenus des mots-clés très populaires ces dernières heures sur Facebook et Twitter. En moins de 24 heures, la page « 10 000 j’aime pour Ozias Sounouvou » a déjà rassemblé plus de 2 500 adhérents. Celle baptisé « Je suis Ozias Sounouvou » est aussi « aimée »Organisations de la société civile, hommes politiques, juristes, confrères journalistes et autres personnalités ne cessent d’apporter leur soutien au journaliste.

Sur les réseaux sociaux, l’on salue son courage et sa bravoure. Pour le moment, aucune réaction n’a encore filtré ni de la direction de l’ORTB ni du gouvernement béninois visiblement embarrassés. Wait and see.



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