Maurice THANTAN

Formation Mondoblog à Abidjan, j’y suis !

Je suis en Côte d’Ivoire depuis vendredi dernier. En effet, mes autres camarades blogueurs sélectionnés et moi sommes installés depuis le week-end à l’hôtel Tereso de Grand Bassam dans le cadre de la formation intensive des meilleurs mondoblogueurs. Une expérience personnelle extraordinaire qui a commencé pour moi depuis l’annonce de ma sélection jusqu’à la pause de mon premier pied en Côte d’Ivoire. Une expérience qui se poursuit et que je voudrais vous conter en quelques étapes. 

Formation des mondoblogueurs à Abidjan
Photo: Manon Mella

Etape 1 : Les formalités

Le 8 mars 2014, mon téléphone sonne. C’était un mail. Un mail de Mondoblog m’annonçant que je fais partie des mondoblogueurs retenus pour la formation annuelle qui se tient cette année à Abidjan. La joie ! Mais ensuite, il fallait passer aux formalités, notamment fournir les informations de son passeport. Passeport que je n’avais pas encore établi à ce moment. En même temps, il fallait surveiller les mails régulièrement pour répondre au plus tôt aux courriels de l’équipe de l’Atelier des médias. Dans un contexte où la lenteur administrative n’a d’égale que celle du débit de la connexion Internet, j’ai dû littéralement me casser la tête dans tous les sens pour être à jour sur ces deux fronts.

Quelques fois, j’ai été découragé et je me suis dit « bon on arrête, je n’en peux plus ». Mais quand je me rappelle de tous les efforts que j’ai fournis pour être dans la sélection et j’imagine ce qui m’attendait à Abidjan, je trouve souvent et très régulièrement la force de continuer les démarches. Heureusement, ma persévérance a payé. Aujourd’hui, j’y suis.

Etape 2 : Le voyage en avion

Pour la plupart de mes camarades mondoblogueurs présents ici (à l’exception des Ivoiriens), il a fallu prendre l’avion. Moi, y compris. Et c’était ma première fois. Comme mon ami Ulrich Tadadjeu, l’air m’a baptisé. Un baptême de l’air impressionnant avec son lot d’émotions et de sensations fortes. En effet, au décollage de l’appareil, tous mes sens étaient éveillés prêts à capter le moindre mouvement.

Pendant une partie du vol, j’ai été un peu secoué. J’avais même peur, parfois. En gros, des sensations de la première fois quoi ! Et toutes ces sensations évoluaient au rythme des différents mouvements de l’avion. Ce qui peut être impressionnant quand on est assis côté hublot. Mais je me suis très vite adapté. En effet, après l’escale d’Accra, j’ai pu apprécier mon vol en toute tranquillité jusqu’à Abidjan que j’ai pu admirer depuis le ciel. Une fois sur place, commencent les premiers échanges avec les autres et les premières formations.

Etape 3 : Les premières impressions

Mes premières impressions sont relatives aux personnes, à l’environnement et aux premières formations qui ont été déjà données. En effet, lorsque l’on va à une rencontre où sont invitées des personnes venues de divers horizons comme la formation Mondoblog, on a forcément sa petite idée derrière la tête. Et le monde virtuel a cette particularité que même si l’on est très proche d’une personne via Internet, le premier contact physique n’est pas toujours évident. Surtout quand on vient tous d’aussi loin. Cependant les premiers échanges ont été très vite cordiaux. En tout cas en ce qui me concerne. L’ambiance a été tout autant enchantée. Les Camerounais, en général sont très relax et entraînent facilement d’autres personnes dans leur bonne humeur. Il y a par exemple Danielle qui taquine tout le monde en passant, et a visiblement un petit ‘’problème’’ avec les écureuils du Bénin. Mais ça reste notre petit point rigolo…!

Dans ce monde de diversités où s’agrègent différentes cultures francophones, il y a ceux qui découvrent l’Afrique. Ils sont agréablement surpris. Certains,  comme mes amis haïtiens ont pu mettre, pour la première fois, un pied sur la terre de leurs ancêtres. Ce qui n’est pas un détail dans une ville comme Grand-Bassam qui est remplie d’histoire et pleine de mémoire. Chacun y va de son commentaire en fonction de son histoire avec le continent. A ce sujet, il faut  lire les billets d’Isabelle et de Dania. Personnellement en venant, j’avais un gros stress, mais je commence à penser que les dix jours vont être très courts.

Cela dit, rendez-vous sur mon profil Facebook et surtout sur mon compte Twitter pour suivre l’actualité et les à-côtés de la formation en temps réel. Il y a également le hashtag (mot-dièse)  #MondoblogAbidjan qui permet de suivre le live-tweet et tous les contenus produits par les blogueurs sur place dans le cadre de la formation.


Quelle place pour la femme dans la société béninoise ?

Le mois de Mars est toujours opportun pour parler de la femme. Enfin, des droits des femmes. Certes, plus de vingt jours sont passés maintenant depuis le  08 mars,  la journée internationale du droit des femmes. Cependant, arrêtons-nous un instant pour faire un point sur la situation des femmes au sein de la société béninoise.

benin_place_de_la_femme_dans_la_société
Photo: Tamerlan95

Quelle est la place de la femme dans la société béninoise ? La question est toute simple. Malheureusement la réponse n’en est pas tout autant. D’ailleurs, ce billet n’apporte aucune réponse mais expose des faits qui parlent d’eux-mêmes.

Dans les médias le chef de l’Etat et certains de ses ministres multiplient très régulièrement les jolis mots à l’endroit des femmes. Le président Boni Yayi est indéniablement passé champion dans cet exercice. Et quand il lui arrive de s’adresser aux femmes, de les « supplier » ou de les encourager, ses propos sont d’une telle familiarité qu’il fait passer toute sa personne pour un gros bonimenteur sans s’en rendre compte lui-même. « Mes chéries », « mes mères », « nos sœurs » etc. voilà les mots qui reviennent régulièrement dans la bouche de Boni Yayi quand il s’adresse aux femmes (52% de la population tout de même). Mais dans la réalité, il n’en est rien. En fait, on a compris la stratégie, il s’agit tout le temps de bluff. Autrement dit, je vous caresse dans le sens du poil pour avoir votre soutien mais en réalité vous êtes bons à rien.

Parce que la question-titre de cet article est partie d’un constat simple et amer. Il suffit en effet, d’observer un peu le paysage de la vie publique du pays pour se rendre compte de  l’absence ou de la  faible présence de la gent féminine dans les organes de décisions.

Tenez par exemple, dans un gouvernement qui compte une trentaine de membres, seuls six des ministres sont des femmes. Déjà le gouvernement ne fait pas la parité aux femmes, mais pire, il les force manifestement au silence. Sinon, depuis que Reckya Madougou et Marie Elise Gbedo (pour ne citer que ces deux-là, autrement fois connues pour leurs différentes interventions), qui les a encore entendues se prononcer sur quelque sujet de l’actualité nationale? Or, ce n’est pas les sujets qui manquent.

Il en est de même pour les grandes institutions de la république. De la Cour suprême à la Cour constitutionnelle en passant par l’Assemblée Nationale, la HAAC[i] ou le CES[ii], aucune de ces institutions ne comptent à leur tête la moindre dame.

Aussi, sur toutes les 77 communes que l’on dénombre sur le territoire national, une seule s’est offert le luxe d’être dirigée par une dame. Hommage à madame Abiba Dafia Ouassagari, maire de la commune de Kérou. Et des cas comme ceux-ci on peut en trouver dans les universités, dans les administrations, dans les entreprises mais inutile d’en faire la liste.

Cependant, il y a des secteurs dans lesquels la femme béninoise n’a pas perdu sa place, bien au contraire. En effet, qu’il s’agisse de la femme, objet de plaisir, qui vend ses charmes dans les coins chauds de Jonquet[iii] ou de celle qui brave le soleil et la pluie à Dantokpa[iv] pour nourrir sa famille (et que l’on bat allégrement le moment venu) elle a toujours été toujours su garder sa place.

Les femmes sont si nulles dans mon pays ? Je refuse d’y croire. Certes, les questions d’égalité ou de  parité entre homme et femme restent toujours des interrogations très sensibles. Mais il s’agit surtout de situer les responsabilités de chacun. S’il y a des hommes qui dans la bouche sont des chantres de la promotion des droits des femmes, il faut surtout qu’ils le soient également dans leurs faits et gestes. Il revient par ailleurs aux femmes de faire face à leur situation et non à quelques-unes de surfer sur la misère et la précarité de leurs paires pour réaliser leur propre vie.


[i] Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication

[ii] Conseil Economique et Social

[iii] Quartier de Cotonou, célèbre pour ses nombreux bordels

[iv] Le plus grand marché du Bénin


Benin : difficile dialogue entre gouvernement et partenaires sociaux

Depuis le début de l’année 2014, la tension sociale n’a cessé de monter au Bénin. Face aux multiples mouvements de débrayage et aux diverses grèves qui affectent quasiment toute l’administration publique, le gouvernement et les organisations syndicales peinent à trouver un terrain d’entente.

 

Crédit Photo: www.24haubenin.com
Crédit Photo: www.24haubenin.com

La crise qui secoue actuellement le Bénin est d’une ampleur rarement observée. Et les menaces qu’elle fait peser sur la nation suscite craintes et inquiétudes au sein de la population. En effet, il s’agit d’une crise sociale sur fond de scandale politico-économique tant le gouvernement crie à la manipulation et les syndicats ne veulent pas lâcher du lest.

Il faut remonter à décembre 2013 pour appréhender les causes de la tension. En effet, le 27 décembre 2013, en marge du discours du chef de l’État sur l’état de la nation, les centrales syndicales décident d’effectuer une marche à travers la ville de Cotonou. Une marche pacifique censée dénoncer les «dérives» du pouvoir et exiger, entre autres, le respect des libertés démocratiques qui a été violemment réprimée par les forces de l’ordre faisant des blessés dans les rangs des syndicalistes.

Pour dénoncer ce qu’ils qualifient de «barbarie (…), d’actes d’intimidation et de répression» et de «violation des libertés fondamentales»  ces derniers ont lancé plusieurs mouvements de débrayage dans l’administration publique. Depuis le 7 janvier 2014, tous les secteurs de l’administration publique sont affectés l’un après l’autre. De l’enseignement à la justice en passant par la santé aucun service n’est épargné.

Parmi leurs revendications les syndicalistes réclament le limogeage du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral, Placide Azandé et du commissaire central de la ville de Cotonou qu’ils mettent en cause dans la répression de la marche du 27 décembre. Ils exigent par ailleurs la restitution des défalcations opérées sur les salaires, pour fait de grève, de 2012 à 2014. Par contre, le gouvernement, lui, ne semble pas fléchir sur aucun de ces points.

Depuis le 3 février dernier, trois tentatives de négociation ont été amorcées entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Toutes les trois ont accouché d’une souris à chaque fois ou se sont terminé en queue de poisson. Demain, lundi 24 février, une nouvelle rencontre est encore prévue.

A ce jour, les centrales syndicales exigent toujours la démission des deux mis en cause avant toute forme de négociation. Pendant ce temps, l’administration publique tourne au ralenti, l’éducation nationale côtoie l’année blanche, des patients meurent dans les hôpitaux  faute de soin et les tribunaux se vident. Le sentiment d’abandon gagne la population exaspérée par toutes ses crises. C’est donc dans cette ambiance délétère que se trouve le Bénin en ce moment. Et c’est à juste titre que l’on se demande si le pays n’est pas vraiment au bord de l’implosion ? Espérons que non !


L’Afrique, un continent «Happy»

Le tube « Happy » de l’artiste américain Pharrell Williams continue de faire son buzz planétaire. Il n’épargne évidemment  pas l’Afrique d’où les remakes ne cessent de  fleurir.

Capture d'écran de "We are happy from Cotonou"
Capture d’écran de « We are happy from Cotonou »

Depuis sa sortie la chanson « Happy » de Pharrell Williams connaît un succès mondial. Il  est notamment à l’origine d’un buzz planétaire sur le net. Son rythme entraînant et dansant, mais aussi ses textes qui incitent à la bonne humeur ont conquis des millions de personnes à travers le monde. De Lyon à Tokyo, en passant par l’Afrique bien sûr, des milliers de gens ne cessent de se déhancher sur le tube. Chaque jour, ils le montrent sur Internet en partageant les vidéos de leur bonne humeur. Le succès est tel qu’une plateforme dédiée a été créée sur Internet spécialement pour accueillir les reprises du clip de Pharrell Williams. À ce jour elle héberge plus de 350 vidéos.

Il faut rappeler que c’est le duo français « We are from LA » (Pierre Dupaquier et Clément Durou) qui est à l’origine de cette vague de reprises en réalisant une vidéo interactive de la chanson qui dure 24 heures chrono. Depuis, les Happy from… provenant de différents horizons ne cessent d’apparaître sur la Toile.

Vu d’Afrique, « We are happy from Cotonou » est la première reprise sur le continent. Elle est sans doute la plus réussie et l’une des plus populaires sur la Toile. Un clin d’œil aux origines béninoises de Pharrell Williams qui fait la fierté de nous autres Béninois (disons le cash !). Le clip de Cotonou a été réalisé par un Français nommé Stéphane Brabant résidant au Bénin depuis quelques années déjà.

We are Happy from Cotonou

Au-delà de Cotonou, les reprises du clip réalisées dans d’autres grandes villes et capitales africaines continuent d’affluer sur le net. Par exemple, mardi dernier nous avons eu droit au « Happy from Dakar », la version sénégalaise donc. A l’heure où je publie ce billet, Abidjan est en plein montage de sa propre version du clip. Bamako, Ouaga et Lomé sont déjà sur les rails pour réaliser les leurs. Et nous connaissions déjà les Happy from… Tunis, Antananarivo, Sfax, Le Cap, Agadir, etc. Le Cameroun a également sa version.

Vu d’Afrique toujours, ce déchaînement de bonne humeur ne peut être qu’une excellente initiative. En effet, pour un continent, trop souvent présenté à travers ses crises et tensions, il ne fallait pas plus pour tourner un peu la page. Ne serait-ce que pour quelques semaines.

Soyons donc « Happy » partout en Afrique !

THANTAN Maurice